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Historique des Zoos

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XXe siècle
Imiter au plus près la nature

Au XXe siècle, les zoos connaissent une forte croissance de fréquentation. Ils deviennent un lieu de distraction populaire privilégié, alors que le niveau de vie augmente, ainsi que l'instruction et le temps libre.
Le public veut côtoyer et apprendre à mieux connaître les animaux, être en communion avec la nature. Il veut découvrir leurs conditions de vie, leurs comportements, leur sociabilité. Ainsi, les zoos délaissent bientôt l'exposition individuelle et montrent désormais les animaux en groupe, reconstituent les structures sociales et les manières de vivre.
On limite au maximum les obstacles entre les spectateurs et les bêtes en créant les zoos sans barreaux à partir de 1907, qui sont un succès. C'est Stellingen un zoo privé, en banlieue de Hambourg qui inaugure ce genre en rupture totale avec le passé. Pour maintenir les animaux en liberté, on imagine des aménagements inédits. On creuse des fosses d'une largeur de 5 à 6 mètres avec des pentes abruptes, comme cela, les animaux ne peuvent en sortir ! Ni cage, ni grille, ni barreaux, parfois les enclos sont des îles, pour les singes par exemple, qui ont peur de l'eau. Les animaux circulent dans un cadre naturel, les loups ont leur caverne. De faux rochers de 50 mètres de haut dominent le site, et proposent d'un côté un paysage polaire avec des ours et de l'autre, un jardin équatorial près d'un lac avec près de 500 oiseaux aquatiques et des herbivores. On conserve tout de même les cages pour les carnassiers et les vitres pour les serpents, et certains oiseaux sont rivés aux rochers par des chaînes. Très vite, ce parc est critiqué. de nombreux singes se noient, des pachydermes se blessent sur les parois, attirés par le public, ou se tuent. Enfin ! il aura impulsé un nouveau genre que l'on retrouvera à Rome, à Vincennes - célèbre par son rocher de 67 mètres de haut - ou dans les parcs de semi-liberté qui se développent à partir de l'entre deux-guerre, comme à Cléres en France, à Hellabrunn près de Munich (1928) - un parc de 50 hectares - ou à Nuremberg - 60 hectares - autour de châteaux historiques. Whipsnade ouvert en 1931, au nord-ouest de Londres, offrait, lui, 200 hectares ! Cette fois, c'est l'animal qui est en liberté et le spectateur en cage ! L'imitation la plus parfaite de la nature devient l'objectif majeur.
L'idée de l'éducation du peuple au zoo, connaît son apogée entre les deux-guerres. Par opposition, les notables se désintéressent peu à peu de ce loisir devenu trop populaire. Une littérature sur la vie des zoos et les animaux sauvages se développe en grand nombre. C'est l'époque des best-sellers comme Le livre de la jungle, en 1896. De nombreux films animaliers dont ceux de Walt Disney remportent aussi un grand succès : l'île aux phoques, la vallée des castors, à partir de 1947. La bête est un véritable ami. Des sociétés des amis des zoos, des associations de protection des animaux et des revues animalières se multiplient.
Dans les années 60, dans le grand mouvement de remise en cause du capitalisme, on dénonce le pillage du tiers-monde... et par la même occasion, les zoos, dit non respectueux de la nature et des animaux. On proclame en 1978, à l'Unesco, la déclaration universelle des droits de l'animal. Et pour lutter contre la vétusté de certains zoos, une législation de contrôle est votée dans quelques pays ; en 1981 en Grande Bretagne, en 1976 en France où l'on créée une autorisation préalable avant ouverture, mais ses effets sont limités. Les zoos abandonnent le dressage et le domptage afin de se distinguer des cirques qui sont très décriés et montrent plutôt les choses de la vie: les repas, les soins, les jeux, la reproduction. Les parcs en semi-liberté connaissent un essor considérable, surtout en périphérie urbaine et dans les zones de tourisme estival. Par exemple, en France, ils passent de 12 en 1965 à 35 en 1995 ; en Italie de 11 à 25, de 3 à 10 en Espagne, de 45 à 56 en Allemagne, de 34 à 72 en Grande-Bretagne... On visite les parcs dans une auto, dans des bateaux, tout comme dans les " safaris ". Sur ce modèle, un des premiers sera Thoiry, créé en 1968. Dans la décennie 70, on généralise l'emploi du verre, on découvre aussi les nocturamas, des éclairages inversant le jour et la nuit, permettant de découvrir les animaux nocturnes ; certains zoos installent des guérites d'observation vitrées au-dessus d'enclos. On innove toujours. On découvre aussi quelques parcs de vision : Amboseli National Park, par exemple, où les visiteurs passent 45% de leur temps à observer un seul animal !
Enfin, dans les années 80-90, les sondages montrent qu'une grande partie de la population européenne est opposée à l'enfermement (81% en Angleterre en 80) des bêtes et refuse d'aller au zoo. Mais les zoos tiennent bon et s'adaptent. Devant la concurrence, nombreux d'entre eux se spécialisent : aquariums, marineland, vivariums, réserves ornithologiques, parcs de faune locale ou d'animaux de ferme... les choix sont vastes !
Aujourd'hui, les zoos s'investissent d'un nouveau rôle : le sauvetage des espèces en disparition. Ils se tournent vers les associations mondiales pour établir des plans de survie et même tenter la réintroduction de certaines dans la nature. On n'aurait pu imaginer cela, en découvrant toute cette histoire !

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